Un demandeur d'emploi de plus de 55 ans perçoit l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) plus longtemps qu'un jeune actif, et parfois jusqu'à sa retraite à taux plein. Les banques prêtent rarement sur ce seul revenu, mais elles acceptent plus volontiers lorsque l'allocation rejoint la date de départ et que la pension future est connue. Pour les crédits déjà signés, l'enjeu consiste surtout à adapter les échéances.
Le chômage des seniors dure en moyenne nettement plus longtemps que celui des autres tranches d'âge, et les retours à l'emploi stable se raréfient après 58 ans. Beaucoup de licenciés ou de signataires d'une rupture conventionnelle disposent pourtant d'atouts : indemnités de départ, épargne salariale débloquable, patrimoine immobilier, projet de création d'entreprise.
Durée de l'ARE et passerelle vers la retraite
Pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2025, la durée maximale d'indemnisation est, avec le coefficient de réduction actuellement appliqué, de 548 jours avant 55 ans, 685 jours entre 55 et 56 ans et 822 jours à partir de 57 ans. La dégressivité de 30 % à partir du septième mois ne figure que dans les règles applicables aux moins de 55 ans.
Le versement s'arrête lorsque vous remplissez les conditions d'une retraite à taux plein. Un maintien des droits jusqu'à ce taux plein existe pour les allocataires ayant atteint un âge seuil, relevé progressivement selon l'année de naissance : 63 ans pour les assurés nés en 1964, 63 ans et 3 mois pour ceux nés en 1965. Il suppose notamment un an d'indemnisation continue et un nombre minimal de trimestres.
Le montant net ne peut descendre sous 32,13 € par jour, et une contribution de 3 % finance la retraite complémentaire. Ces règles évoluent régulièrement au fil des conventions d'assurance chômage : imprimez votre notification de droits, car c'est elle que le banquier ou le courtier examinera, et non les barèmes généraux.
Ce que vaut chaque ressource aux yeux d'un prêteur
| Ressource | Prise en compte | Condition pour être retenue |
|---|---|---|
| ARE | Faible ou nulle en général | Durée restante couvrant le prêt ou rejoignant la retraite |
| Indemnité de licenciement ou de rupture | Retenue comme apport ou épargne | Fonds visibles et non engagés |
| Pension de retraite future | Retenue si estimation officielle fournie | Départ proche et montant documenté |
| Revenus du conjoint | Totale | Contrat stable |
| Revenus locatifs | Partielle, souvent 70 % | Baux et avis d'imposition |
Les crédits que vous remboursez déjà
Si votre contrat d'assurance emprunteur comporte une garantie perte d'emploi, vérifiez-la tout de suite : elle est rare, assortie d'un délai de carence et d'une franchise, et exclut souvent les ruptures conventionnelles ou les assurés de plus de 55 ans. Elle ne prend en charge qu'une partie des échéances, pour une durée limitée.
À défaut, sollicitez la banque avant tout retard. De nombreux contrats prévoient la modulation des mensualités ou un report de quelques échéances. Le juge peut aussi accorder des délais de grâce jusqu'à deux ans pour un crédit, en application du Code civil. Un regroupement de crédits allonge la durée et réduit la mensualité, à condition d'être négocié pendant que la tenue de compte est encore saine.
Plan d'action dans les trois mois suivant la fin du contrat
- Inscrivez-vous à France Travail rapidement et vérifiez la durée exacte de vos droits.
- Demandez votre estimation indicative globale de retraite pour connaître la date du taux plein.
- Recensez vos crédits, leurs assurances et les clauses de modulation ou de report.
- Débloquez si besoin votre épargne salariale : la rupture du contrat de travail ouvre un cas de déblocage anticipé du PEE.
- Rencontrez votre banque avec un budget prévisionnel avant le premier mois difficile.
- Si vous envisagez de créer une activité, comparez le maintien de l'ARE et le versement en capital de l'ARCE.
Exemple : Bernard, 61 ans, licencié économique
Né en 1965, Bernard gagnait 2 800 € net comme chef d'atelier. Son allocation atteint environ 2 000 € par mois. Avec 822 jours de droits, il sera indemnisé jusqu'à environ 63 ans et 3 mois, l'âge seuil de maintien pour sa génération : sous réserve des autres conditions, il pourra rester indemnisé jusqu'au taux plein. Il rembourse 320 € pour sa voiture et 150 € de crédit renouvelable.
Ses mensualités représentent 23,5 % de son allocation. Pour se garder une marge, il fait racheter les deux crédits, soit 14 000 €, sur sept ans : la nouvelle mensualité tourne autour de 215 €. Le courtier présente au prêteur son attestation de droits et son estimation de retraite de 1 900 €. L'endettement tombe à environ 11 %.
Erreurs à éviter quand on perd son emploi après 55 ans
- Attendre le premier impayé pour prévenir la banque : l'inscription au FICP intervient après des impayés caractérisés et ferme ensuite la plupart des solutions.
- Utiliser le crédit renouvelable pour compléter l'allocation : la dette grossit sans perspective de remboursement.
- Dépenser l'indemnité de licenciement avant d'avoir calculé les mois jusqu'à la retraite.
- Signer un prêt juste avant la fin du contrat en taisant le licenciement annoncé : la fausse déclaration peut être retenue contre vous.
- Négliger la carrière : des trimestres manquants repoussent le taux plein et prolongent la période sans revenu stable.
Créer son activité : prêts et capital de départ
L'ARCE verse 60 % du reliquat de vos droits en deux fois, ce qui constitue souvent l'apport qu'exige un banquier. Les courtiers en prêt professionnel recherchent ensuite le financement de l'équipement, des locaux ou du stock auprès de leurs banques partenaires. Les réseaux de prêt d'honneur et de microcrédit professionnel complètent le plan pour les petits projets.
À 58 ans, une création réussie apporte un revenu qui pourra se cumuler avec la future pension sous les règles du cumul emploi-retraite. Le prêt professionnel doit cependant rester proportionné : une caution personnelle importante engage votre patrimoine au moment où vous devriez le protéger.
Quand la situation devient intenable
Si l'allocation ne couvre plus les charges, le dossier de surendettement, gratuit, gèle les poursuites dès sa recevabilité et peut aboutir à un plan de sept ans maximum. Le microcrédit personnel accompagné finance par ailleurs un projet de retour à l'emploi, comme un permis ou une formation. Les caisses de retraite complémentaire aident aussi ponctuellement les salariés licenciés.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir un prêt immobilier au chômage à 60 ans ? C'est exceptionnel sans co-emprunteur. Les dossiers acceptés combinent généralement un apport important, une durée courte et une pension future documentée qui couvre l'échéance avec moins de 35 % d'effort.
L'ARE est-elle saisissable ? Oui, comme un salaire, dans les limites du barème légal. Une somme équivalente au RSA pour une personne seule reste en toute hypothèse disponible sur votre compte bancaire.
Faut-il préférer l'ARCE ou le maintien de l'allocation ? Si l'activité générera vite des revenus et nécessite un investissement, l'ARCE apporte un capital. Si les débuts sont incertains, conserver l'ARE mensuelle sécurise le budget, surtout à l'approche de la retraite.
La rupture conventionnelle ouvre-t-elle les mêmes droits ? Oui pour l'ARE, après le différé d'indemnisation calculé sur les indemnités supra-légales et les congés payés. Elle ne déclenche pas en revanche certaines garanties perte d'emploi des assurances de prêt, qui exigent un licenciement.
Organismes et offres à contacter
- Service-Public.fr : Fiche officielle sur l'ARE pour les fins de contrat depuis avril 2025 : durées selon l'âge, montant minimal et maintien jusqu'à la retraite.
- Solutis : Courtier spécialiste du rachat de crédits depuis 1998 : FAQ sur l'éligibilité, le regroupement au chômage et la baisse des mensualités.
