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Retraité

Retraité refusé par l'assurance : emprunter quand même

Âge limite, surprime ou maladie : les garanties qui remplacent l'assurance emprunteur pour un retraité, leur coût réel et leurs conséquences pour la succession.

Retraité examinant un contrat de prêt et une assurance-vie avec son conseiller

Emprunter sans assurance emprunteur est légal : aucun texte n'impose cette assurance, ni pour un crédit à la consommation ni pour un crédit immobilier. C'est la banque qui l'exige, parce qu'elle garantit le remboursement en cas de décès. Un retraité qui ne peut plus s'assurer doit donc lui proposer une autre sécurité, ou choisir un prêt pour lequel elle n'en demande pas.

Le problème survient surtout après 75 ans. Selon Magnolia, les contrats des banques acceptent rarement une adhésion au-delà de 65 à 70 ans, les assureurs externes jusque vers 75 à 80 ans, et presque plus personne après 85 ans. Une pathologie lourde peut fermer la porte bien plus tôt. Les solutions existent pourtant, selon le montant et le patrimoine.

Pourquoi l'assurance pèse autant pour un retraité

Pour un actif, l'assurance couvre décès, invalidité et arrêt de travail. Pour un retraité, seules comptent la garantie décès et la perte totale et irréversible d'autonomie : l'incapacité de travail n'a plus d'objet. Le risque assuré est donc presque exclusivement le décès, dont la probabilité augmente vite avec l'âge, d'où des tarifs élevés, des surprimes ou des refus.

Les dispositifs protecteurs aident peu à ces âges. La loi Lemoine ne supprime le questionnaire médical que pour un prêt achevé avant 60 ans. La convention AERAS examine les risques aggravés, mais ses mécanismes les plus favorables visent des emprunteurs plus jeunes. Seul le droit à l'oubli, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique d'un cancer ou d'une hépatite C, joue sans condition d'âge.

Ce qui se passe au décès sans assurance

Le capital restant dû devient une dette de la succession. Les héritiers peuvent accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net pour ne payer que dans la limite de ce qu'ils reçoivent, ou renoncer. Avec un prêt garanti par une hypothèque ou un nantissement, la banque se rembourse sur le bien ou l'épargne affectée, sans que les héritiers aient à sortir de fonds personnels.

Garanties qui remplacent l'assurance

GarantiePrincipeCoût indicatifProfil adapté
Nantissement d'assurance-vieL'épargne est affectée à la banque jusqu'au remboursementActe simple, souvent sans frais notablesRetraité disposant d'un contrat ou d'un compte-titres
HypothèqueLe logement garantit le prêt1 à 1,5 % du montant chez le notairePropriétaire d'un bien libre
Caution personnelleUn proche s'engage à rembourserGratuit, mais engage le garantFamille solide financièrement
Co-emprunteur plus jeuneUn enfant signe et s'assureSelon son contratProjet familial partagé
Assurance décès personnelleCapital versé aux héritiers, qui soldent le prêtPrime selon âge et capitalRetraité encore assurable hors contrat de prêt
Exemple chiffré avec nantissement

Henri, 78 ans, perçoit 2 600 € de pension et détient une assurance-vie de 40 000 €. Il souhaite 25 000 € pour changer de voiture et aider sa petite-fille ; l'assurance lui est refusée. Sa banque accepte un prêt sur cinq ans contre le nantissement de 30 000 € du contrat. À un taux hypothétique de 5 %, la mensualité est d'environ 472 €, soit 18 % de sa pension.

Pourquoi ne pas retirer directement l'argent ? Le contrat continue de produire des intérêts et garde sa fiscalité successorale : pour les versements effectués après 70 ans, seules les primes au-delà de 30 500 € sont soumises aux droits, les gains restant exonérés. Henri préserve aussi son épargne de précaution. Si le contrat est récent ou peu rentable, le rachat partiel peut néanmoins coûter moins cher.

Quels crédits obtenir sans assurance ?

Pour un prêt personnel modeste et court, beaucoup d'établissements acceptent un dossier sans assurance si la pension laisse un reste à vivre confortable. L'assurance est alors présentée comme facultative ; il suffit de ne pas y adhérer. Pour un crédit immobilier ou un montant élevé, la banque demande presque toujours une garantie de substitution, hypothèque ou nantissement.

Les prêts hypothécaires destinés aux seniors reposent précisément sur ce principe : la valeur du bien remplace l'assurance. Le prêt viager hypothécaire, sans mensualité, n'exige pas non plus d'assurance, puisque le remboursement intervient au décès par la vente du logement. Dans les deux cas, le notaire intervient et les frais doivent être intégrés au calcul.

Faire jouer la délégation avant de renoncer

Un refus du contrat de la banque n'est pas un refus du marché. Depuis la loi Lagarde, l'emprunteur peut choisir un autre assureur offrant des garanties équivalentes, et depuis 2022 changer de contrat à tout moment. Des assureurs comme Afi Esca proposent leurs propres contrats emprunteur, et des courtiers spécialisés interrogent plusieurs compagnies, avec des limites d'âge parfois plus larges.

Étapes pour monter un dossier sans assurance

  1. Demander par écrit le refus ou la proposition de surprime de l'assureur de la banque.
  2. Solliciter deux ou trois devis en délégation, garantie décès seule, avant de conclure à l'impossibilité.
  3. Recenser les actifs mobilisables : assurance-vie, compte-titres, bien immobilier libre.
  4. Proposer à la banque une garantie de substitution chiffrée, en couvrant au moins le capital emprunté.
  5. Comparer le coût total : intérêts, frais d'acte, éventuel manque à gagner sur l'épargne nantie.
  6. Informer les héritiers de l'existence du prêt et de sa garantie.
Refus et maladresses fréquentes

Les dossiers échouent souvent parce que l'emprunteur annonce d'emblée vouloir un prêt sans assurance, sans garantie à proposer : la banque n'y voit qu'un risque supplémentaire. Autre erreur, minimiser son état de santé dans un questionnaire pour obtenir une couverture : une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat, et les héritiers se retrouvent sans protection.

Il faut aussi éviter de nantir la totalité de son épargne pour un prêt long, ce qui prive de réserve en cas de dépendance, et se méfier des offres promettant un crédit sans assurance ni justificatif contre des frais versés d'avance : un intermédiaire n'a pas le droit d'être payé avant le déblocage des fonds.

Autres pistes si aucune garantie n'est possible

Lorsqu'il n'existe ni épargne ni bien, le montant doit rester modeste : microcrédit personnel accompagné, prêt sur gage au Crédit municipal, aide ponctuelle de la caisse de retraite. Un enfant peut aussi emprunter à son nom et s'assurer lui-même. Enfin, reporter le projet ou le fractionner limite le capital exposé au risque de décès.

Questions fréquentes

Une banque peut-elle refuser un prêt faute d'assurance ? Oui. Elle est libre d'accorder ou non un crédit, mais elle doit accepter une assurance déléguée aux garanties équivalentes et étudier, si elle le souhaite, une autre garantie.

Le conjoint survivant doit-il rembourser ? S'il est co-emprunteur, oui, intégralement. S'il n'a pas signé, la dette suit la succession ; selon le régime matrimonial et ses droits successoraux, il peut toutefois en supporter une part.

Une assurance décès seule suffit-elle ? Pour un retraité, c'est souvent la seule garantie utile. Les banques l'acceptent généralement, l'incapacité de travail ne concernant plus un emprunteur sans activité.

Peut-on retirer l'assurance d'un prêt en cours ? On peut changer d'assureur à tout moment, mais supprimer toute couverture suppose l'accord de la banque, qui demandera alors une autre garantie.

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