MaPrimeAdapt' est l'aide publique de l'Anah qui finance 50 % ou 70 % des travaux d'adaptation du logement à la perte d'autonomie, dans la limite de 22 000 € hors taxes de travaux. Elle s'adresse aux plus de 70 ans, aux 60-69 ans évalués en GIR et aux personnes handicapées, sous conditions de ressources. Le reste à charge peut ensuite se financer par d'autres aides ou par un crédit.
Créée le 1er janvier 2024, elle a remplacé plusieurs dispositifs dispersés. En 2026, le guichet a rouvert le 23 février et, depuis le 17 août, les demandes passent par la plateforme France Rénov', qui regroupe aussi MaPrimeRénov'. Les taux et le plafond de travaux n'ont pas changé ; les plafonds de ressources ont été revalorisés au 1er janvier.
Qui peut en bénéficier en 2026 ?
Au moins une personne du foyer doit remplir l'une de ces conditions : avoir 70 ans ou plus, sans autre exigence d'autonomie ; avoir entre 60 et 69 ans et disposer d'une évaluation GIR de 1 à 6 ; ou présenter un taux d'incapacité d'au moins 50 %, ou percevoir la PCH ou l'AAH. Les travaux doivent concerner la résidence principale, en métropole ou dans les départements d'outre-mer.
Pour un actif de 62 ans qui anticipe sa retraite, l'évaluation GIR est la clé. Elle peut être réalisée par un évaluateur de la caisse de retraite ou du département, ou, selon les cas, lors de la visite de l'accompagnateur ; renseignez-vous auprès de lui. Un senior encore autonome peut donc engager les travaux avant que les difficultés ne s'installent, ce qui évite souvent une chute et un déménagement contraint.
Propriétaires occupants et locataires
Le propriétaire occupant dépose la demande lui-même. Le locataire du parc privé peut aussi en bénéficier, à condition d'obtenir l'accord écrit de son bailleur, qui dispose de deux mois pour répondre. Le projet doit atteindre au moins 1 000 € HT et figurer dans le diagnostic réalisé avant travaux. Aucun chantier ne doit commencer avant le dépôt complet du dossier.
Plafonds de ressources applicables
L'aide est réservée aux ménages aux revenus « modestes » ou « très modestes » selon le barème Anah, calculé sur le revenu fiscal de référence. En 2026, hors Île-de-France, une personne seule est très modeste jusqu'à 17 363 € et modeste jusqu'à 22 259 €. En Île-de-France, ces seuils montent à 24 031 € et 29 253 €. Pour un couple, ils atteignent 25 393 € et 32 553 € en région.
Montants de l'aide et accompagnement
| Catégorie de revenus | Taux de prise en charge | Aide maximale sur travaux | Accompagnateur (AMO) |
|---|---|---|---|
| Très modestes | 70 % | 15 400 € | Pris en charge en plus : 600 € TTC, ou 800 € avec ergothérapeute |
| Modestes | 50 % | 11 000 € | Même prise en charge |
| Au-dessus des plafonds | Non éligible | 0 € | Aides locales ou caisses de retraite à explorer |
Quels travaux sont financés ?
Les travaux doivent compenser une difficulté réelle repérée par le diagnostic : remplacement d'une baignoire par une douche de plain-pied, monte-escalier, élargissement de portes, WC surélevé, barres d'appui, rampe d'accès, volets motorisés, éclairage automatique des circulations. Les travaux induits, comme la reprise du carrelage autour d'une nouvelle douche, entrent dans le plafond. Les simples embellissements en sont exclus.
Le rôle obligatoire de l'accompagnateur
Chaque dossier passe par un assistant à maîtrise d'ouvrage agréé. Il visite le logement, établit le diagnostic, éventuellement avec un ergothérapeute, aide à choisir les entreprises, vérifie les devis et monte le dossier jusqu'au versement. Depuis janvier 2026, seules subsistent les formules complète et avec ergothérapeute. Les associations SOLIHA, qui adaptent plusieurs dizaines de milliers de logements par an, figurent parmi ces opérateurs.
Exemple : Renée, 72 ans, seule, hors Île-de-France
Avec un revenu fiscal de référence de 16 500 €, Renée est très modeste. Ses travaux : douche de plain-pied 9 000 €, monte-escalier 8 500 €, barres et éclairage 1 500 €, soit 19 000 € HT. MaPrimeAdapt' couvre 70 %, donc 13 300 €. Il lui reste 5 700 € HT plus la TVA. Sa caisse de retraite complémentaire lui accorde une aide ponctuelle ; elle finance le solde par un petit prêt.
Exemple : un couple de 66 et 64 ans en Île-de-France
Jean-Luc, 66 ans, et Annie, 64 ans, déclarent 40 000 € de revenu fiscal : ils sont modestes, sous le seuil de 42 933 € pour deux personnes en Île-de-France. Leur projet de 22 000 € HT reçoit 50 %, soit 11 000 €. Pour le solde, environ 12 000 € TVA comprise, un crédit travaux de 60 mois à environ 5,5 % représenterait près de 230 € par mois, compatible avec leurs pensions.
Financer le reste à charge
Plusieurs sources se cumulent souvent. Les caisses de retraite, de base et complémentaires, proposent des aides à l'habitat pour leurs retraités. Les départements et certaines communes complètent pour les ménages modestes. Le crédit d'impôt pour l'équipement d'accessibilité a existé pour certains équipements ; vérifiez sa reconduction pour vos dépenses de 2026 auprès de l'administration fiscale avant de compter dessus.
Crédit travaux ou microcrédit ?
Pour un reste à charge de 3 000 à 15 000 €, le prêt personnel ou le crédit travaux d'un établissement spécialisé est la voie la plus rapide. Au 4e trimestre 2026, le taux d'usure est de 15,76 % entre 3 000 et 6 000 € et de 8,56 % au-delà. Pour un retraité aux faibles ressources, le microcrédit personnel accompagné par une association offre un montant plus limité mais un suivi budgétaire.
Les étapes, du diagnostic au versement
- Vérifiez votre catégorie de revenus avec votre dernier avis d'imposition et le barème Anah 2026.
- Créez votre compte sur la plateforme France Rénov' et choisissez un accompagnateur agréé.
- Faites réaliser le diagnostic du logement, avec ergothérapeute si nécessaire.
- Recueillez les devis d'artisans et faites-les valider par l'accompagnateur.
- Déposez le dossier complet avant tout démarrage de travaux.
- Montez en parallèle le financement du reste à charge : caisse de retraite, collectivité, prêt.
- Après travaux, transmettez les factures pour obtenir le versement de l'aide.
Erreurs qui font perdre l'aide
Signer un devis et laisser l'artisan commencer avant le dépôt du dossier rend les travaux inéligibles. Choisir une entreprise démarchée par téléphone, qui promet un monte-escalier « financé à 100 % », expose à des tarifs gonflés et à des arnaques. Oublier l'accord écrit du bailleur bloque le dossier d'un locataire. Enfin, un diagnostic trop sommaire peut exclure des travaux pourtant nécessaires.
Questions fréquentes
Peut-on déposer une seconde demande ? Oui, si le plafond de 22 000 € HT n'a pas été entièrement utilisé, une nouvelle demande reste possible dans un délai de cinq ans.
Faut-il être en perte d'autonomie à 72 ans ? Non : à partir de 70 ans, l'âge suffit, sous réserve des conditions de ressources.
Une banque accepte-t-elle de prêter pour le reste à charge à 75 ans ? Pour quelques milliers d'euros sur trois à cinq ans, oui dans la plupart des cas, si le budget le permet ; l'assurance facultative peut en revanche être limitée par l'âge.
Les revenus dépassent légèrement le plafond : que faire ? Interrogez votre caisse de retraite et votre département, dont les barèmes diffèrent, et comparez les offres de crédit travaux.
Organismes et offres à contacter
- SOLIHA : Réseau associatif d'amélioration de l'habitat qui réalise diagnostics avec ergothérapeutes, accompagne les dossiers MaPrimeAdapt' et recherche les financements complémentaires.
- Cetelem (BNP Paribas Personal Finance) : Crédit travaux amortissable de 6 à 96 mois pour financer le reste à charge d'un aménagement de salle de bains ou d'accessibilité.
- Younited : Établissement de crédit en ligne proposant un prêt travaux de 1 000 à 60 000 € sur 6 à 84 mois, à taux fixe, avec réponse de principe immédiate.
